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Scandale à prêt, la Société Générale perd la tête
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Source : Diagnostic Expertise ( 29/04/09 )

Scandale à prêt, la Société Générale perd la tête
Un scandale de plus pour la Société Générale, la polémique de trop pour Daniel Bouton, son président. Ce dernier vient en effet d'annoncer sa démission. Au cours de l'interview accordée ce matin au Figaro, Daniel Bouton explique cette décision par la volonté de « protéger la banque ».
« Je fais le choix de m'en aller maintenant pour protéger la banque », déclarait au quotidien Daniel Bouton, « j'ai en effet remis ma démission. Le conseil d'administration élira le 6 mai prochain un nouveau président ». Partir pour préserver une banque employant quelques 163.000 personnes, se sacrifier pour le bien commun, voilà une attitude qui serait digne d'éloges si elle n'était motivée que par ces nobles considérations. Au vu des multiples dérapages enregistrés par le groupe ces derniers mois, on est toutefois en droit de se demander si Daniel Bouton n'a pas plutôt été progressivement poussé vers la sortie, étouffé par divers pression émanant notamment des plus hautes sphères.
Le 24 janvier 2008 éclatait au grand jour « l'affaire Kerviel ». Les 5 milliards d'euros dilapidés par l'ex-trader marquaient également le début d'une succession de scandales et polémiques concernant la Société Générale. Le 18 mars dernier, après avoir renoncés à leurs bonus (sous la pression du gouvernement et non sans mal), les dirigeants de la banque annonçaient vouloir s'attribuer pas moins de 320.000 stocks options. Quelques jours plus tard, la banque, ou plutôt ses 6 principaux dirigeants faisaient une nouvelle fois parler d'eux lorsque fut révélé le montant de leur retraite (près de 5,5 millions d'euros pour chacun d'eux). Enfin, en début de semaine, Libération pointait du doigt une perte possible de 5 milliards d'euros supplémentaires générée par des investissements aléatoires (information démentie par la banque).
« Les critiques contre les banques me semblent malvenues. Même si nous avons commis des erreurs et même si je comprends combien la tentation du bouc émissaire peut être forte en période de crise aiguë, comme celle que nous traversons (crise de l'immobilier, crise du prêt et plus largement crise économique) », précisait-il pour le Figaro. « Comme tout dirigeant, j'ai certainement commis des erreurs et j'ai pu être maladroit, je le reconnais. Mais les critiques dont je suis la cible me sont devenues insupportables et il faut pour la banque ramener la sérénité. Si mon départ peut y contribuer, tant mieux ».
Plus que les critiques, c'est peut être la pression qui a fini par essouffler le dirigeant et le faire lâcher prise. Une pression extrêmement forte exercée notamment par le gouvernement. Rappelons-nous que, dès l'affaire Jérôme Kerviel, le président Nicolas Sarkozy demandait déjà à Daniel Bouton de prendre ses responsabilités...
Source : Diagnostic Expertise ( 29/04/09 )
Alix Guinet
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