En 2021, le coût du crédit immobilier va-t-il augmenter ?

Confrontée à une crise sanitaire d’ampleur, la France a dû adopter des mesures sans précédent destinées à enrayer l’épidémie de Covid-19. Mais l’impact économique est important avec, par exemple, une baisse de 40 % de la production de crédits immobiliers enregistrée au premier trimestre 2020. Si la situation s’est ensuite redressée, grâce notamment à des conditions de financement toujours très favorables et des taux bas, le risque d’un accroissement du chômage et des défauts de paiement pourrait contraindre les banques à resserrer la vis.

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La durée de la crise, un facteur déterminant

Toujours très attractifs, les taux d’intérêt des prêts à l’habitat varient toutefois d’un mois à l’autre et d’un emprunteur à l’autre, en fonction notamment de sa situation professionnelle et de son épargne disponible. Si d’autres paramètres peuvent entrer en compte, les banques fixent les taux des crédits immobiliers en s’appuyant sur les taux directeurs de la BCE (Banque Centrale Européenne), qui évoluent tous les 15 jours.

Pour financer un projet immobilier, les banques ont besoin de liquidités. Elles peuvent s’appuyer sur les autres banques pour ce faire, via le marché interbancaire, guidé par le taux des réserves obligatoires. Elles peuvent également faire appel directement à la BCE, le taux appliqué est alors le taux directeur ou taux de refinancement.

Actuellement, tous les professionnels s’accordent à dire que les taux des prêts immobiliers ne devraient pas remonter, en tous cas pas durant le premier semestre 2021, en fonction de l’évolution de l’épidémie de Covid-19. Il faut dire que la BCE a affiché clairement ses ambitions : soutenir l’économie en proposant une politique accommodante pour favoriser l’accès au crédit à l’habitat.

Des conditions plus strictes sont-elles à prévoir ?

Reste que pour certains profils d’emprunteurs, accéder au crédit immobilier pourrait être plus compliqué dans les prochains mois. Les banques sont, en effet, plus attentives à la part d’apport personnel que les demandeurs sont capables de débloquer. En outre, disposer d’une épargne de 10 à 20 % du projet permet d’obtenir un taux plus attractif. Et les banques de privilégier également les profils en CDI ayant peu, voire pas de dette, en cours ainsi qu’un faible taux d’endettement.

À l’inverse, les demandeurs d’emploi, salariés au chômage partiel, travailleurs de secteurs en difficulté (tourisme, hôtellerie, restauration) et même certains chefs d’entreprises, pourraient rencontrer davantage de difficultés.

Les taux d’intérêt vont-ils augmenter ?

Si les taux d’intérêt sont au plus bas en ce début d’année, qu’en sera-t-il dans quelques mois ? La situation pourrait, en effet, évoluer au rythme de la pandémie et de la mise en place d’un éventuel troisième confinement en France. Autre inconnue, l’impact des nouvelles recommandations du HCSF (Haut Conseil de Stabilité Financière). Pour rappel, le gendarme du crédit a assoupli, en décembre dernier, les bonnes pratiques en matière d’accès au crédit à l’habitat : les banques peuvent désormais prêter sur 27 ans (contre 25 auparavant) et avec un taux d’endettement de 35 % (contre 33 %). Ces recommandations devraient devenir des obligations légales dès l’été prochain ce qui pourrait impacter les taux d’intérêt et les politiques bancaires.

Autre facteur déterminant, celui de la hausse du chômage qui devrait atteindre 10 à 11 % cette année selon les spécialistes. Si la hausse se confirme, les banques pourraient être obligées de durcir leurs conditions d’octroi et d’appliquer de nouvelles primes de risque, ce qui pourrait contribuer à augmenter le coût du crédit immobilier pour certains profils.

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