Prêt immobilier : les primo-accédants en retrait

La baisse de la part des primo-accédants dans les souscriptions au prêt immobilier serait-elle due aux récentes réformes de la loi finances 2018 ? D’après certains professionnels, le prorogation du PTZ en version recentrée allié à la suppression de l’APL Accession ont refroidi les ardeurs des emprunteurs. Souvent sans apport personnel ni épargne conséquente, il est plus compliqué pour eux d’obtenir un crédit immobilier et d’accéder à la propriété.

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La part des primo-accédants en baisse

Longtemps en tête des emprunteurs, les primo-accédants ne représentent désormais plus « que » 47 % des personnes souscrivant à un prêt immobilier, d’après les données du mois de janvier. Une proportion qui s’élevait à près de 60 % au mois de décembre 2017, alors que la loi finances 2018 n’était pas encore effective.
Ces jeunes actifs qui souhaitent accéder à la propriété pour la première fois seraient moins nombreux à se précipiter pour profiter des taux avantageux du prêt immobilier. C’est ce que constate le courtier en crédit Cafpi, au vue de l’analyse des profils emprunteurs du mois de janvier. D’après celui-ci, cette tendance à la baisse résulte des réformes lancées concernant le prêt à taux zéro (PTZ) ainsi que la suppression des APL accession.

Des mesures qui diminuent le montant des aides apportées à l’accession au logement et complexifient la tâche pour les primo-accédants. En conséquence « les ménages les plus modestes ont plus de difficultés à finaliser le financement de leurs acquisitions », comme le stipule le directeur général de ce courtier, Philippe Taboret.

47 %
La part des primo-accédants au sein des emprunteurs est de 47 % au mois de janvier 2018.

Il n’y a pas que la part de primo-accédants parmi les souscripteurs de prêt immobilier qui diminue : le montant moyen emprunté baisse également.
En moyenne, ils pouvaient obtenir un prêt d’un montant de 200 150 € pendant 239 mois, en décembre 2017. Alors que pour le mois de janvier 2018, le montant moyen d’un crédit est de 196 600 € pour 235 mois, soit une diminution de 3 550 €.
Alors que les conditions d’emprunt sont au beau fixe, quelles sont les causes de cette baisse d’engouement pour le prêt immobilier ?

PTZ recentré et suppression de l’APL Accession

L’accession au logement par le biais du PTZ a été partiellement remise en cause par le recentrement engendré par la loi finances 2018. Prorogé jusqu’au 31 décembre 2021, le prêt à taux zéro ne pourra plus être requis pour l’acquisition d’un logement ancien dans les zones A bis, A et B1. En revanche, il sera encore possible d’y souscrire dans les zones B2 et C, moyennant des travaux de rénovation bien entendu.

primo accédant résidence intérieurEn ce qui concerne l’achat d’un bien neuf, les zones A bis, A et B1 conservent les 40 % du montant de l’investissement pris en charge par le crédit à taux zéro. Cependant, ce pourcentage sera diminué de moitié, soit 20 %, pour les villes dites détendues (B2 et C), jusqu’en 2019. Après cette date butoir, ces territoires seront exclus du dispositif.

Des mesures restrictives qui ne sont pas en faveur de l’intégralité des souscripteurs du PTZ. Les personnes accédant à la propriété pour la première fois devront se concentrer sur de grandes villes comme Paris, Bordeaux, Toulouse, Lyon (…) si elles souhaitent obtenir le plus d’avantages possibles. Une stratégie à privilégier d’autant plus que l’APL Accession a été supprimée depuis le 1er janvier 2018.
De ce fait, il apparaît évident que ces personnes désirant acquérir leur première résidence principale se montrent prudentes et se précipitent moins sur les crédits immobiliers.

Une clientèle plus scrutée

Lors d’une souscription à un prêt immobilier, les jeunes actifs et plus généralement les primo-accédants font l’objet d’un contrôle minutieux concernant leurs conditions d’emprunt (solvabilité, type de contrat professionnel, capacité de remboursement, épargne…).

primo accédant crédit conditionsEn effet, ils affichent souvent des dossiers plus risqués pour les banques et doivent donc redoubler d’effort pour montrer patte blanche. Ces emprunteurs doivent pouvoir honorer leurs versements mensuels sans se mettre dans une situation financière délicate. Dans ce cas, l’apport personnel peut apparaître comme un bonus non négligeable qui convaincra les établissements bancaires de la fiabilité de leur client.

Compte tenu de la hausse des prix de l’immobilier, les demandes de prêt immobilier seraient moins redondantes dans les prochains mois. D’autant plus si les primo-accédants continuent d’encaisser ces mesures rabotant leurs aides.
Le projet de loi logement, actuellement en cours d’élaboration, pourrait permettre d’apporter des éléments de réponse à cette problématique.

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